Les conseils de l’équipe :
- Portez de bonnes chaussures : Les ruelles pavées de la vieille ville sont pentues et parfois glissantes.
- Comptez une demi-journée minimum : Entre la citadelle, le bazar et le tunnel de la guerre froide, il y a de quoi occuper largement plusieurs heures.
- Lisez Kadaré avant de venir : « Chronique de la ville de pierre » donne une profondeur particulière à la visite.
- Venez tôt le matin : La citadelle est particulièrement photogénique dans la lumière douce du matin, avant l’arrivée des groupes.
- Combinez avec Berat : Les deux villes-musées de l’UNESCO se complètent parfaitement sur un même itinéraire.
Gjirokastër : la ville de pierre classée UNESCO
Vue depuis la vallée, Gjirokastër ressemble à une seule masse grise qui grimpe à flanc de colline, ponctuée par les volets en bois et les balcons de ses maisons-tours. On surnomme cette ville du sud de l’Albanie la « Cité de Pierre », et le nom lui va comme un gant : toits en lauze, façades et ruelles pavées, tout ici semble taillé dans la même roche.
Entre citadelle imposante, tunnel de la guerre froide et destins croisés d’un écrivain et d’un dictateur, Gjirokastër concentre une bonne partie de l’histoire albanaise en une seule ville. Voici tout ce qu’il faut savoir avant de vous y perdre.
Une ville-musée à ciel ouvert
Mentionnée pour la première fois en 1336 sous son nom grec médiéval, Argyrókastro (« le château d’argent »), Gjirokastër est aujourd’hui l’un des exemples les mieux préservés d’architecture ottomane des Balkans. La vieille ville est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2005, aux côtés de Berat.
Ses maisons-tours (kulla) reflètent les conditions de sécurité de l’époque ottomane : construction en pierre massive, ouvertures étroites, toits en lauze grise qui scintillent sous la pluie. C’est justement cette pierre omniprésente qui a inspiré à l’écrivain Ismail Kadaré le titre de son roman le plus célèbre sur sa ville natale : « Chronique de la ville de pierre ».
La citadelle, l’un des plus grands châteaux des Balkans
Perchée à 336 mètres d’altitude, la citadelle de Gjirokastër domine toute la vallée. Ses origines remonteraient au XIIe siècle, mais la structure actuelle doit beaucoup aux transformations menées par Ali Pacha de Tepelena au XIXe siècle.
À l’intérieur de ses murailles, on trouve un musée des Armes, une tour de l’horloge, et même l’épave d’un avion militaire américain datant de la guerre froide. Le lieu a aussi une histoire plus sombre : sous le roi Zog puis sous le régime communiste d’Enver Hoxha, une partie du château a servi de prison pour les opposants politiques, jusque dans les années 1970. Tous les cinq ans, la citadelle accueille aussi le festival national du folklore albanais.
Deux enfants célèbres, deux destins opposés
Gjirokastër a vu naître deux Albanais qui ont profondément marqué l’histoire du pays, chacun à sa manière. L’écrivain Ismail Kadaré, plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature, a consacré une partie de son œuvre à sa ville natale. De l’autre côté de l’histoire, Enver Hoxha, né ici en 1908, a dirigé l’Albanie d’une main de fer de 1944 à 1985, en tant que dictateur communiste.
La maison natale d’Enver Hoxha, détruite par un incendie dans les années 1960 puis reconstruite en 1966, abrite aujourd’hui le musée ethnographique de la ville, consacré à la vie traditionnelle albanaise du XIXe siècle. Un raccourci saisissant de l’histoire du XXe siècle albanais, condensé en une seule adresse.
Le tunnel de la guerre froide et le bazar ottoman
Le tunnel de la guerre froide
Creusé sous la citadelle, ce tunnel de 800 mètres compte 59 pièces conçues pour protéger l’élite du parti communiste en cas d’attaque. Transformé en musée, il se visite aujourd’hui pour un aperçu saisissant de la paranoïa du régime d’Enver Hoxha.
Le bazar ottoman
Le quartier du Qafa e Pazarit (le « col du bazar ») s’est développé à mesure que la population de la ville débordait des murailles de la citadelle. C’est aujourd’hui l’un des quartiers les plus animés de la ville, avec ses échoppes, ses cafés et ses artisans.
Comment se rendre à Gjirokastër
Gjirokastër se situe dans le sud de l’Albanie, à environ 40 km de Sarandë et de sa côte, et à moins d’une heure de route du Blue Eye, la fameuse source turquoise du sud du pays. C’est une étape naturelle pour qui explore la région entre littoral et intérieur des terres.
La ville se visite entièrement à pied une fois garé : les ruelles pavées et pentues de la vieille ville ne sont de toute façon pas adaptées à la voiture.
Gjirokastër avec Albania Nomads
Entre patrimoine ottoman, histoire du XXe siècle et paysages du sud de l’Albanie, Gjirokastër a de quoi enrichir n’importe quel road trip dans le pays. Avec Albania Nomads, vous explorez le pays à votre rythme, à bord de votre SUV avec tente de toit, avec la liberté d’ajouter ce genre de détour à votre itinéraire.
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